HOLLANDE LE GRAND

  • Publié en
  • Affichages : 2489

Ainsi les français ne lui auront pas pardonné de s’être livré au monde tel qu’il est : ‘’pas assez requin’’, humble jusqu’à l’éffacement.

 ‘’C’est le plus beau jour de ma vie’’. Alors en visite officielle à Bamako, Hollande ‘’ le Président  normal’’ eut ses mots sincères et humains à l’attention d’une foule hystérique qui le chantait chaleureusement, l’embrassait affectueusement, étalait sur son itinéraire des pagnes couteux et richement brodés, lui baisait le dos de la main pour le remercier de l’avoir sauvée des affres ignobles d’un groupe de rebelles ‘’surdrogués’’ qui marchait tout droit sur Bamako. Il était loin de se douter que cette petite phrase déplairait à Paris au point de lui coûter quelques points dans les sondages.  Aux yeux de l’establishment français le Président Hollande, en laissant parler son cœur au milieu d’africains (éternels obligés, commis et valets), s’est rabaissé, a rabaissé la fonction de Président de la puissance colonisatrice, il a déshonoré la France. Certaines personnalités-reliques de la classe politique française traditionnelle ne se sont pas privées de le dire publiquement.

Ensuite, Hollande ‘’le Président normal’’ eut la malheureuse idée d’entretenir des relations amoureuses avec des ‘’femmes normales’’ dont la plus bavarde, à peine sorti de son lit, alla raconter sur la place publique la taille et la rondeur des entrejambes présidentiels. Ses histoires de coucheries étalées dans la presse mondiale ne viendront rien arranger ; bien au contraire. Hollande aura beau se ‘’casquer’’ derrière une moto banalisée pour aller profiter en plein jour des massages de sa Julie, cela ne suffira pas à convaincre les français de sa normalité. Pour cause, il est en politique. La mauvaise foi manifeste étant bien française aussi, ceux d’entre eux qui sont convaincus de sa normalité, de son humanité, le lui reprochent parce qu’ils y ont intérêt. 

L’adversité en politique prend bien souvent la forme de l’acharnement. Et, nous savons que le ôte-toi que je m’y mette, même quand elle est peu audible, reste redoutablement nuisible. On le voit, les proches collaborateurs de Hollande n’ont pas arrêté de jouer des coudes pour le pousser vers la sortie.

Le ôte-toi que je m’y mette à la française.

De toute évidence, si les sondages sont si sévères contre Hollande, ce n’est pas à cause de sa politique mais bien à cause des considérations liées à l’intrinsèque. Elles ont pesé visiblement beaucoup plus que ses résultats. Ceci s’est fait d’autant plus facilement que la campagne de dénigrement contre Hollande aura été l’une des plus impitoyables : Ses vestes trop courtes, ses cravates décalées, ses lunettes étrangères, ses joues rondes, son ventre tombant, sa voix de jeune garçon à peine pubert, son manque d’autorité, bref ! Il passe à la moulinette tous les jours. Et les attaques ne proviennent pas que des adversaires politiques déclarés ; ses amis abreuvent régulièrement la presse de confidences croustillantes sur leur copain de ‘’Président normal’’.

Au demeurant, ce que l’on a amené la grande majorité des français à reprocher à François Hollande au point de le faire passer pour le dernier dans les sondages d’opinion à six mois de la fin de son mandat, c’est ce qu’il est, non pas ce qu’il fait. Or, un Président est un employé ; le premier de la République certes mais employé quand même. Et, comme tout employé il devrait être jugé sur la base de ses résultats. Je ne suis pas certain que si les français devraient juger leur premier employé sur la base de son bilan et de ses résultats, qu’ils le congédieraient.

‘’Courbe du chômage’’  le beau prétexte !

Pendant que l’on plébiscite François Fillon qui, lui, veut supprimer cinq cent mille postes de fonctionnaires, on fait, dans le même temps à Hollande qui aura stabilisé les chiffres du chômage constamment en hausse avant son mandat, le procès de n’avoir pas réussi à inverser la courbe du chômage comme il l’a promis. Le premier, menace de fermer les portes du service public aux jeunes chômeurs français  -  le second a promis d’arrêter la saignée et n’y est pas parvenu malgré des efforts remarquables. Et le peuple français s’apprête pourtant à le remplacer par le premier. Hallucinant !

Le livre de sa mort politique ???

‘’Un Président ne devrait pas dire ça…’’ c’est le livre qui l’aurait achevé. Hollande en validant ce titre qui lui a été proposé par les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, semble assumer entièrement sa nature et ses choix. « Réfutant la comparaison avec Sarkozy, il explique : Il y a plusieurs différences. D’abord, il n’y a aucun système, rien qui soit un mécanisme de financement politique, ou électoral, ou personnel. Deuxièmement, il n’y a aucune protection qui soit accordée à qui que ce soit. Troisièmement, la justice et la presse font leur travail jusqu’au bout. Quatrièmement, quand un individu est approché par la justice, il est remercié. C’est ça les grandes différences qui doivent être rappelées. Après, dans toutes les Républiques, partout, il y a toujours des gens qui manquent à la règle. Il y a ceux qui arrivent à s’échapper et ceux qui n’arrivent pas à s’échapper. On ne doit plus arriver à s’échapper. Tout ce qu’on a mis en place doit conduire à ça. » Extrait de : ‘’Un Président ne devrait pas dire ça’’ Page 308.   Précis et franc. Ce livre n’aurait posé aucun problème dans un contexte débarrassé d’hypocrisies puériles et vaines.

L’on est ce qu’on est. Humain, pudique, humble, sincère, attentif à l’autre, respectueux, scrupuleux, délicat… François Hollande me semble être tout cela à la fois. N’en déplaisent aux requins qui lui reprochent son manque de férocité. N’en déplaisent aux monstres froids et insatiables qui lui reprochent son manque de boulimie. Hollande a le droit d’être HUMAIN, précaire et révocable, un être normal, un Président normal. Hollande a le droit de détester le goût du sang. J’ai vu la France reculer successivement, au Burkina Faso, face à une jeunesse révoltée ;  au Bénin, face à un peuple debout contre l’intolérable insulte ; au Gabon, quand on lui a fait le lit pour y semer le chaos ; à Dakar, quand le franc cfa a été mis en accusation. Cette France là, qui est à l’écoute du monde, ressemble à son Président ; c’est une France humaine, c’est une grande France parce que dirigée par un Grand Homme. Nul doute que nous allons la regretter bientôt.

La leçon de Hollande aux dirigeants africains

Aveu d’échec, résignation ou simple fatigue, lui aussi, sans doute secrètement déçu et blessé profondément par un millier de chocs, on dira ce qu’on voudra d’un homme dont la décision aura révélé aux yeux de tous, l’envergure : un homme d’Etat, un grand homme d’Etat.

En renonçant de façon aussi inattendue à briguer un deuxième mandat, François Hollande démontre, non seulement qu’on peut placer bien haut la fonction Présidentielle, mais il envoie un message historique à toute la classe politique française et, plus loin, aux dirigeants africains qui prennent leurs constitutions pour des copies de collégiens, gribouillards  et grands spécialistes devant l’Éternel des tripatouillages les plus sordides. Tant il est vrai que ‘’Le pouvoir appartient au peuple’’. Je vais y revenir.

Ousmane ALEDJI 

Un os appelé Donald Trump… jusqu’à quand le subir ?

  • Publié en
  • Affichages : 1866

Il en balance : des sottises, des saletés et des ordures. Il n’a ni code ni limite. C’est un vieux mal éduqué. Grognon, fanfaron et ringard ; le prototype de l’américain "petit’’ qui réduit la planète aux frontières mexicaines, gros muscles et grande gueule mais tout petit, l’esprit étroit, la tête creuse, le ventre en ballon rembourré de toxines et trois haricots entre les jambes ; de quoi salir les femmes. C’est d’ailleurs son domaine de performances : salir les femmes.

Lire la suite

DISCOURS DE PRÉSENTATION DE LA PÉTITION "LA PAIX PAR UN AUTRE CHEMIN" AU SIÈGE DE L'ONU

  • Publié en
  • Affichages : 1510

RÉDUIRE LE GRAND NOMBRE DE GENS QUI PENSENT N’AVOIR PLUS RIEN À PERDRE

Mesdames et messieurs, citoyens du monde, chers invités,

Je voudrais avant de vous livrer le contenu de notre pétition, préciser à votre aimable attention qu’elle (cette pétition) n’est orientée contre aucun phénomène en particulier, qu’en dehors de ce qui relève à priori de succès médiatique, à cause de sa fréquence et de son caractère spectaculaire et hideux, il y a bien pire que des performances macabres et propagandistes, des actes autrement ignobles sur lesquels les médias du monde restent muets ; par pudeur ou par cynisme.

Lire la suite

J’AI VU PATRICE TALON AU THEATRE

  • Publié en
  • Affichages : 3487

Bravo à Tola Koukoui pour le management de ce spectacle remue-mémoires. Bravo à son équipe d'artistes généreux qui ont su transcender tout pour honorer ce rendez-vous important à plus d'un titre. Le geste du chef de l'Etat est à prendre au sérieux; il me semble beaucoup plus éloquent que le discours réparateur tenu qui tend à tout ramener au sensationnel. Du reste, le traitement qu’en fait une certaine presse est absolument appauvrissant.

Lire la suite

LEÇON DU JOUR N° 14 Dédiaboliser le Parti Communiste du Bénin

  • Publié en
  • Affichages : 1099
La griotique est un art rentable, particulièrement en politique. Depuis la nuit des temps, les griots vendent leurs talents de lécheur aux Princes, aux Rois et autres petits bourgeois ringards et prétentieux supposés trop puissants pour être modestes. Sacré métier que celui de vendre pompeusement l’ange et le messie á la foule, le temps d’une messe. Qu’importent la barbe et la nature du client, du moment où il est solvable, l’on se bouscule á sa porte, quitte à se marcher dessus. Si tu n’y vas pas, ôte-toi que je m’y mette. Et, tenez-vous bien, ça va durer un bon moment. Au final, nos chefs se prennent pour des dieux. Nous l’avons vu avec Yayi.

Lire la suite

 LEÇON DU JOUR N°13  Les polémiques utiles  Mon ainé et ami Joël Atayi-Guèdègbé nous pose une question essentielle. Le fond de la question tient à un détail mais à un détail majeur. Quel est le pouvoir effectif d'un élu non assermenté? Se demande-t-il. Il ajoute : Avec un mandat présidentiel qui démarre à 00H00 et une prestation de serment qui n'intervient que 10 heures après, toutes les supputations sont de mise.  Je suppose que notre compatriote, politologue de formation, essaie de mettre le doigt sur une incongruité de plus, de notre constitution. Ou cela nous échappe à tous, ce qui me semble peu probable, ou nous avons banalisé jusqu’à présent un détail important.   Il est vrai que les dispositions, mêmes constitutionnelles, ne suffisent jamais à tout régler. Dans le cas évoqué ici, l’on observe que, incidemment, notre loi fondamentale réduit le mandat présidentiel de dix heures au lieu des cinq ans pleins. Négligeable ? Absolument pas. Dix heures, c’est plus qu’il en faut pour gagner une élection. On nous parlera de l'esprit de la loi (sic). Dix heures de vide juridique au sommet de l'Etat en violation tacite et convenue de notre constitution, cela me semble dangereux. C'est l'une des anomalies que nous traînons depuis 1991. Il nous faut trouver une formule où le chef de l'Etat entrant prête serment à la cour constitutionnelle, devant les membres de la cour à 00h 00, ceci, conformément à la loi. La loi c'est la loi. Libre au nouveau Président élu d'organiser le lendemain, à sa convenance, une cérémonie d'investiture fastueuse, ringarde et coûteuse.   Même si cette cérémonie, du reste symbolique n'est pas obligatoire, elle n'est pas inutile non plus. La symbolique compte en toute chose. Elle me semble même s'imposer dans un cas comme celui-ci. Il faut bien, au grand jour, déférer aux traditionnels échanges de civilités, honorer quelques attentes légitimes. Il faut aussi alimenter les médias nationaux et internationaux de contenus nouveaux fabriqués pour la circonstance, offrir à la foule de spectateurs joyeux, comme dirait Bruno Amoussou, un spectacle ''égotripé'' de grande facture. Et quand tout cela peut se faire aux frais de la princesse, on peut s'autoriser certaines fantaisies. Après tout, ne devient pas président de la République qui veut.  Honorer ceux qui en sont dignes   Ce qui relève du domaine de la loi est normalement non négociable. En revanche, ce que la loi n’a pas expressément spécifié et réglé ne s’aurait s’imposer à qui que ce soit ; surtout pas à un Président de la République. Le tête-à-tête annoncé en fanfare par le protocole d’Etat alimente depuis quelques jours, à juste titre, des suspicions de toutes natures. Ce qui dénote à l’évidence de son caractère aléatoire. C’est un exercice auquel l’on ne devrait contraindre personne. Les bons procédés, la bienséance, ou encore la convivialité entre deux personnes sont des considérations secondaires qui n’engagent, à priori, que ses personnes.   S’agissant des protagonistes, Talon et Yayi dont chacun de nous connaît l’histoire commune, il est évident qu’ils n’ont pas besoin de notre avis. Ils n’ont pas eu besoin de notre avis pour convoler en justes noces et ils n’ont pas eu besoin de nous non plus pour se séparer. Alors de quoi nous mêlons-nous ?   Je nous soupçonne d’être un poil vicieux. Vicieux de bonne foi mais vicieux quand même ! C’est comme si nous nous attendions à savourer un moment de triomphe ultime : voir Boni Yayi le masque défait par l’amertume et des ressentiments incorruptibles, serrer la main à son ennemi juré. L’expression ennemi juré est bien à sa place ici. Voir Yayi transmettre le pouvoir à celui là même qu’il appelait, deux semaines plus tôt, par tous les noms de diable. Il a même juré que son vivant ne remettrait jamais le pouvoir à Talon, qu’une telle bête est la pire de toutes celles qui nous auront menacés ces cinquante dernières années. Pendant que j’y pense, j’admets volontiers qu’une telle leçon de vie à quelque chose de jouissif ; que les attentes sont compréhensibles, que ce vice-ci est légitime, donc tolérable.   Pas la peur mais vigilance.  « Ainsi va notre cher Bénin où, à notre corps défendant, nous jouons souvent à nous faire peur parce que nous nous méfions tellement les uns des autres! » Encore vrai. Mais dans le cas d’espèce il y a de quoi recommander tout au moins aux uns et aux autre de rester vigilants jusqu’au bout.     Ceux qui craignent pour la sécurité du nouveau Président n’ont pas tort. On peut dire sans exagération aucune que les deux vieux potes se sont rendus coups pour coups. Il faut avoir de la mémoire pour dérouler le chapelet des coups bas et des coups tordus qu’ils se sont infligés ; il est long comme un bras. Chaque béninois a pu se faire son idée de ce que valaient les discours de je te pardonne moi non plus et les réconciliations poussiéreuses. Bref ! Il est indéniable que le conflit  entre Boni Yayi et Patrice Talon est loin d’être terminé. Ils s’aiment trop pour s’arrêter en si bon chemin. Et, le moins que l’on puisse dire de l’homme de Tchaourou, c’est qu’il n’y va pas toujours avec la manière. Il n’y a pas si longtemps que ça, il a envoyé ses gorilles chercher Candide Azanaï, un soutien indéfectible de Talon, pour un diner amical. N’eut été la vigilance des Cotonois, il aurait fait avaler à ce député téméraire, des épis de maïs crus. Je veux dire que Yayi est imprévisible ; tant dans l’adresse que dans la maladresse. Puis, des tête-à-tête, ils en ont tenu depuis le temps qu’ils se fréquentent, ils peuvent donc nous faire économie de celui de demain.  Dans tous les cas, vu que nous ne savons toujours pas ce qui les a réuni (sourires), vu que nous savons encore moins ce qui les a séparé, il vaut mieux les laisser régler ça entre eux. Ils savent normalement préserver la République de l’inacceptable.  Ce sont de grands garçons.

LEÇON DU JOUR N°13 Yayi et Talon, une histoire d'amour.

  • Publié en
  • Affichages : 1199

Mon ainé et ami Joël Atayi-Guèdègbé nous pose une question essentielle. Le fond de la question tient à un détail mais à un détail majeur.

Quel est le pouvoir effectif d'un élu non assermenté? Se demande-t-il. Il ajoute : Avec un mandat présidentiel qui démarre à 00H00 et une prestation de serment qui n'intervient que 10 heures après, toutes les supputations sont de mise.

Je suppose que notre compatriote, politologue de formation, essaie de mettre le doigt sur une incongruité de plus, de notre constitution. Ou cela nous échappe à tous, ce qui me semble peu probable, ou nous avons banalisé jusqu’à présent un détail important.

Lire la suite