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Au final, l’on avait donc pas réuni les éléments constitutifs du crime, du reste, pas suffisamment juridiquement, avant de procéder à l’arrestation de monsieur Ajavon et de le maintenir en garde à vue pendant huit jours, malgré la pression populaire et les interventions successives de quelques hauts dignitaires de notre pays ? Dans quel intérêt donc ? Que nous arrive-t-il ?


Pourquoi avoir mis en péril la paix sociale dans un pays déjà plongé, visiblement, dans une crise économique profonde ? Pourquoi jouons-nous à nous faire peur ? Pourquoi jouons-nous à ruiner systématiquement tout élan nouveau dans un pays réputé pourtant pour son génie et la maturité de sa classe politique ?

Une coalition de façade

La décision de justice qui a été rendue ce vendredi nuit, nous amène à croire que monsieur Sébastien Ajavon a été méchamment traîné dans la boue. Nous connaissons le personnage, son égo et sa fierté ; l’on a pas besoin de faire beaucoup d’effort pour deviner qu’il ne va pas s’en arrêter là, que le spectacle qu’il a offert à l’église saint Michel à sa sortie du tribunal est pour les caméras, que la violence du "coup" le condamne à trainer longtemps, malgré lui: déceptions, colères et récriminations. L’on a beau être Goliath, l’on ne se relève pas facilement de souillures d’une telle ampleur. Une aussi bonne réputation sacrifiée sur l’autel des machinations politiques tordues. Quel gâchis !

La coalition dénommée RUPTURE est-elle toujours d’actualité, jusqu’à quand tiendra-t-elle ? Ceux qui, dans l’opinion, redoutent une réaction du camp Ajavon ont ils tort ? Si réaction, il y a, elle prendrait qu’elle forme, elle se dirigerait contre qui, qui est-ce qui en payerait le prix et qu’elles en seraient les conséquences pour le pays ? Est-il normal que nous en soyons à craindre le pire pour notre pays, alors même que nous venons à peine de le confier en toute confiance à des gens capables, pensions-nous, d’œuvrer pour notre mieux être, d’œuvrer pour la paix et l’intérêt supérieur de notre nation ?

Le Président Talon accablé

A tort ou à raison, certains compatriotes en sont arrivés à traiter le Président de la République de tous les noms de diable. J’ai vu des gens qui, hier encore le célébraient, étaient fiers de le voir saper comme Don Juan, hurler : Taaalonhéééloué… Taaalonhééééloué. L’on l’accuse d’être le principal scénariste, l’auteur du ‘’coup’’, la main ‘’invisible’’ qui a ordonné à ses services de renseignements l’immolation dans les règles de son plus grand allié politique. L’on accuse notre Président de trahison, l’on l’accuse de cynisme. Bref ! Son image d’homme de parole, d’allié sûr, d’ami reconnaissant, a fichu le camp. En six mois. Quel gâchis !

Le port de Cotonou mis à l’indexe

Le port de Cotonou, pour plusieurs raisons se portait déjà mal. Avec cette affaire de containers violés, de plombs substitués, de plusieurs kilogrammes de cocaïne retrouvés par magie en un lot unique à même les planches, à l’entrée d’un cube de métal vaste comme une salle d’attente modeste, notre port risque de tomber en ruine pour de bon. Si nous ne sommes plus capables d’assurer la sécurité autour des quelques rares navires qui continuent, malgré tout, d’accoster chez nous, tâchons d’être discrets, au moins. Cette affaire est une mauvaise publicité pour notre poumon économique déjà exsangue. Quel gâchis!

L’image du Bénin saccagée

Les élections présidentielles récentes se sont soldées par un résultat auquel peu d’observateurs internationaux s’attendaient. C’est dire qu’on nous regarde, admiratif certainement, jaloux et aigri aussi, ne soyons pas naïfs. Et nous, nous n’avons rien trouvé de mieux à faire que de nous livrer en spectacle sur la place publique seulement six mois après. Quel gâchis !

Le Bénin, pays des vodouns, des cultes et des rites a rangé au placard la sagesse de ‘’linge sale’’ pour s’adonner à des profanations bruyantes. Des égos se sont crus plus précieux que la paix et le bien être de ce peuple pour s’autoriser des caprices aussi couteux sur notre dos. Un peu de boue et d’urine de rat sur le drapeau national ne fait de mal à personne ; c’est philosophique. Qu’importe la taille du diable et les menaces de feu et de sang, du moment où je peux me permettre cette fantaisie, j’avance. Rien de sacré en ce monde qui ne soit moi ou de moi. J’ai. Je suis. Je dis. J’agis. Moi, moi, moi… l’enfer, c’est l’autre. Ce qui nous menace est en nous, et, il est de loin plus dévastateur que n’importe qu’elle attaque.
Heureusement que la justice qui a été rendue au nom du peuple a fait mieux que dire le droit, elle nous a rappelé à tous, que nul n’est plus grand que son pays, qu’aucun pouvoir n’est au dessus du peuple